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Hépatite C: Questions et Réponses   -   Hépatite B: une maladie universelle  -   Hépatite A

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L'année 2012 doit être pour les hépatites (l'hépatite C en premier lieu) ce que l'année 1994 a été pour le HIV-SIDA. Nous avons enfin les traitements appropriés qui nous manquaient. Entre les deux dates 18 années pendant lesquelles l'épidémie c'est développé pour atteindre le chiffre « estimé » de un Million de malades.
L’arbre du SIDA a caché la forêt des hépatites.
Le virus du HVC a été découvert après celui du HIV-SIDA en 1989 seulement par des équipes scandinaves qui ont lancé la première alerte internationale.
La gravité de l'épidémie de SIDA a fait oublier que l'épidémie d'hépatites est dix fois plus importante en nombre. De plus 1/3 des malades du SIDA sont co-infectés par les virus VHC/VHB. Ce qui manquait c'est un traitement capable de soigner et guérir dans des conditions acceptables les patients.
Cela n'était pas le cas !
Les premiers traitements avec interféron seul ne pouvaient soigner que 20% des malades. Ce chiffre augmenta a plus de 40% avec les Bithérapie (interféron + ribavirine) mais malgré l'amélioration de l'interféron retard le chiffre de 50% est butoir pour les hépatites C1 en Bithérapie (plus de 60% des malades en France).
L'arrivée des Trithérapies fin 2011 change la donne, deux molécules sont actuellement sur le marché mais plus de 50 nouvelles molécules sont testées et en cours d'évaluation dans des Protocoles médicaux.
C'est le bon timing et c'est maintenant qu'il faut exiger une accélération des programmes de soins et de dépistage en France.
La raison d’être de ce FORUM, en plus d'un lieu d'échange indispensable pour les malades, il devra inventer, concevoir et faire mettre en place une vraie Politique de Santé Publique pour les hépatites.
Cela passe par un Rapport de Force favorable aux patients fondé sur le soutient de l'Opinion Publique. Cela reste a construire comme pendant les années SIDA (1989/1994) ou parti de zéro, un vaste mouvement d'aide aux malades vit le jour. Un tel résultat ne fut obtenue que par la détermination sans failles d'une poignée d'hommes et de femmes décidés et courageux.
Dans ce contexte de crise du capitalisme et de déficit social rien de sérieux ne sera entrepris par les pouvoirs publiques sans un puissant mouvement d'opinion. Le système imposé par les laboratoires de l'industrie pharmaceutique taxe à mort la sécurité sociale aux profit des actionnaires et prive de soins les malades. Cent euros une seule gélule pour des traitements d'une durée de six à douze mois...

informations Générales sur les hépatites virales

Hépatites B et C : les chiffres clés de la situation épidémiologique de la France
La prévalence de l’infection par le VHB (antigène HBs positif) est estimée à 0,65 % soit plus de 300 000 personnes infectées dont plus de la moitié ignorent leur statut. Ce sont parmi les personnes nées au Moyen Orient et en Afrique subsaharienne que les prévalences de l’hépatite B sont les plus élevées. Le nombre de nouvelles infections dues au VHB est estimé en moyenne à 3 500 infections par an, soit une incidence de l’infection estimée à 4,3 cas pour 100 000 habitants. La vaccination contre le VHB qui réduit l’incidence de l’infection, est encore trop peu utilisée en France, la couverture vaccinale des nourrissons et des adolescents n’atteignant pas 50 %.
La prévalence de l’infection par le VHC (anticorps anti-VHC positif) est estimée à 0,86 %.
Le nombre de personnes infectées et virémiques pour le VHC (ARN VHC positif) est estimé à plus de 380 000 personnes dont 45 % ignorent leur statut. L’incidence de l’infection par le VHC n’a été estimée en France que parmi les usagers de drogues et il y a plus de dix ans ( 9/100 personnes-années en 2001).
Entre 4 000 et 5 000 décès par an sont liés aux infections par le VHB et le VHC.
La consommation excessive d’alcool et l’infection VIH sont des co-facteurs aggravants de l’infection par les virus des hépatites. Les évaluations sont contradictoires et souvent oublient les populations précarisées pourtant conscernés par l'épidémie (sans papiers, immigrés non-enregistrés, populations non-sédentaires et carcérales).
Aux 680000 patients enregistrés il faut ajouter les non-dépistés (70% de la population) qui sont estimées entre 300000 et 600000 personnes. Le chiffre du Million n'est donc pas une vue de l'esprit d'autant qu'il faut ajouter à ces chiffres les autres hépatites (A,D,E,F,G...).

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Il faut élargir le dépistage des l'hépatites C et B



Le virus de l'hépatite C regroupe 6 génotypes. Le génotype 1 est le plus fréquent avec 60 % des cas (20 % pour le génotype 3, 10 % pour les génotypes 2 et 4 chacun, les génotypes 5 et 6 étant très rares). Après infection, lorsqu'il y a des symptômes, les plus courants sont la fatigue et l'ictère (jaunisse).

Les principales causes de transmission sont la transmission sanguine ou greffe pratiquées avant 1992 ainsi que tous les examens intrusifs avant 1997, la toxicomanie intraveineuse ou nasale ainsi que les tatouages, l'accupuncture et les piercings sans utilisation de matériel à usage unique…

La Haute Autorité de Santé (HAS) ne recommande le dépistage que chez les populations dites à risque: les toxicomanes ou anciens toxicomanes, les personnes tatouées, percées ou ayant reçu des séances d'acupuncture ou de mésothérapie sans utilisation de matériel à usage unique, les patients ayant subi des examens médicaux invasifs avant 1997, ou encore ceux qui ont un antécédent de transfusion sanguine pratiquée avant 1992. Selon une récente étude du BEH, ce dépistage n'est peut-être pas suffisamment recommandé par les médecins généralistes pour certains de ces groupes. Le dépistage par une simple prise de sang doit être systématique dans les populations à risque et en cas d'accident d'exposition au sang. Il est réalisé sur prescription médicale dans l'ensemble des laboratoires d'analyses. Il est également réalisé dans les centres de dépistage anonymes et gratuits (CDAG) proposant le test du VIH/Sida.

"On trouve aujourd'hui un grand nombre d'infections au VHC par hasard, à l'occasion d'une demande d'aide médicale à la procréation, lors d'examen pour souscrire une assurance… chez des patients n'appartenant pas à des catégories à risque. Au-delà des recommandations de la HAS, ne devrait-on pas proposer un dépistage plus large, comme celui du cholestérol ou de la glycémie ?

Cela pourrait s'avérer pertinent quand on sait que 30 à 40 % des patients infectés n'ont pas de facteurs de risque connus…" s'interroge le Pr. Patrick Marcellitn, Hépatologue (Hôpital Beaujon, Clichy).

Alors oui il faut élargir le dépistage !

 

actualités des nouveaux traitements


Hépatite C: Les trithérapies augmentent les chances de guérison


L'arrivée sur le marché de nouveaux médicaments contre l'hépatite C permet de guérir 60 à 90 % des patients infectés par la forme la plus courante de ce virus (C1). Mais cette révolution thérapeutique n'aura lieu que si les moyens hospitaliers de prise en charge sont revus à la hausse…

Contrairement aux virus des hépatites A et B, il n'existe pas de vaccin contre le VHC. Au-delà des mesures de prévention trop ciblées sur les groupes dit à risques, les progrès médicamenteux ont été constants depuis la découverte du virus en 1989. Ils connaissent aujourd'hui une nouvelle évolution avec l'arrivée sur le marché d'une nouvelle classe thérapeutique.

Hépatite C: un réel problème de santé publique


Quelques chiffres permettent de mieux prendre conscience de l'importance de l'hépatite C : on compte en France 380 000 porteurs chroniques du virus de l'hépatite C (VHC), 209 000 sont diagnostiqués et seulement 34 000 sont actuellement suivis. Cette faible proportion de personnes traitées (12 000 par an) ne doit pas faire oublier que l'hépatite C est une maladie grave. Après infection par le VHC, une faible proportion de patients guérit spontanément, les autres développent une maladie chronique dénuée de symptômes (en dehors d'une fatigue non caractéristique) mais dont les conséquences peuvent provoquer au niveau du foie la formation de tissu fibreux (fibrose). Sous l'influence de différents facteurs (âge>40 ans, alcool, VIH, VHB…), ce phénomène peut entraîner une cirrhose dans les 20 à 30 ans suivant la contamination, pour 20 % des patients. Entre 3 et 5 % d'entre eux verront leur maladie évoluer vers un cancer du foie, principale cause de décès liée à l'hépatite C.
Cette infection est ainsi la principale cause de cirrhose du foie et la première de transplantation hépatique aux Etats-Unis, et la 2ème en France. La mortalité liée au VHC est estimée à 3 600 décès soit deux fois plus que la mortalité liée au cancer du col de l'utérus.

Point de vue du Dr Andrée Nisard

La Commission européenne vient d'approuver, à 4 mois d'intervalle, deux nouveaux traitements dans le traitement de l'hépatite C, le télaprévir commercialisé par Janssen-Cilag (Incivo®) et le bocéprévir commercialisé par le laboratoire MSD (Victrelis®). Il s'agit d'une nouvelle classe d'antiviraux à action directe (AAD) inhibiteur de la protéase, utilisée chez l'adulte en association avec le peginterféron alfa et la ribavirine dans le traitement de l'hépatite C chronique (VHC) de génotype 1 chez les patients adultes ayant une maladie hépatique compensée. Le Dr Andrée Nisard, gastro-entérologue libéral et hospitalier (praticien attaché des hôpitaux Lariboisière et Saint-Louis) donne son point de vue sur ces nouvelles molécules.

Qu'apportent ces nouveaux traitements dans l'arsenal thérapeutique de l'hépatite C?

Le traitement standard de l'hépatite chronique due au virus de l'hépatite C (VHC) repose sur la bithérapie interféron pégylé alfa-ribavirine. Pour les hépatites dues au VHC de génotype 1, la réponse virale soutenue est autour de 50% avec le traitement standard sachant que ce génotype concerne environ 60% des patients.

L'arrivée de 2 molécules de la classe des inhibiteurs de protéase du virus C modifie les résultats thérapeutiques. La trithérapie augmente l'efficacité de 30% pour les patients naïfs de tout traitement et de 50% pour les non répondeurs par rapport au traitement standard.

Quelles sont leurs indications et mode de délivrance ?

L'autorisation a été accordée pour un traitement de l'hépatite chronique C de génotype 1, en association avec l'interféron pégylé alfa et la ribavirine, chez des patients adultes ayant une maladie hépatique compensée (incluant la cirrhose) naïfs de tout traitement ou qui ont été précédemment traités par interféron pégylé ou non, seul ou en association à la ribavirine incluant rechuteurs, répondeurs partiels ou nul.

Ces 2 molécules après une phase d'autorisation temporaire d'utilisation (ATU) ont été approuvées par la Commission Européenne avec autorisation de mise sur le marché valable dans toute l'Union Européenne. Ces médicaments nécessitent une prescription hospitalière et ne sont encore disponibles en France qu'en pharmacie hospitalière.

Comment prescrire ces nouvelles molécules ?

La posologie du télaprévir est de 2cp à 375mg 3 fois par jour toutes les 8 heures avec un repas gras.

La posologie du bocéprévir est de 4 gélules à 200mg 3 fois par jour toutes les 8 heures avec un repas libre.

Les schémas thérapeutiques au cours des essais cliniques n'ont pas été les mêmes pour les 2 molécules.

Avec le télaprévir tous les patients ont 12 semaines de trithérapie suivie de 12 semaines de bithérapie interféron-ribavirine chez les patients naïfs et les rechuteurs ayant une réponse virologique rapide (c'est à dire avec une charge virale indétectable à la 4ème semaine, qui perdure jusqu'à la 24ème semaine) non cirrhotiques et 36 semaines chez les autres.

Le bocéprévir est administré après une « phase initiale de bithérapie » standard (PIB) de 4 semaines. Cette phase a pour intérêt de dépister les répondeurs rapides à la bithérapie et d'évaluer ainsi les chances de succès des divers traitements, voire d'identifier les patients qui n'auront pas besoin de trithérapie. La trithérapie sera poursuivie pendant 24 ou 48 semaines selon qu'il s'agit d'un malade naïf ou selon sa réponse aux traitements précédents ainsi que le suivi de sa réponse virologique.

La cinétique virale permet donc de prédire la durée du traitement et il est possible de raccourcir la durée du traitement à 6 mois chez près de la moitié des patients.

Les détails des schémas thérapeutiques peuvent être retrouvés sur le site de l'Association Française pour l'Etude du Foie ainsi que les prises de position de l'AFEF sur ces trithérapies.

Quels sont leurs effets indésirables ?

Les effets secondaires de ces molécules ne doivent pas être négligés et il faut apprendre à les gérer. L'anémie, l'asthénie et surtout les risques d'interaction médicamenteuses, parfois dangereuses, sont communs aux 2 molécules. Les problèmes cutanés sont plus fréquents avec le télaprévir. Ces manifestations cutanées sont un prurit anal, très fréquent, des rash, et des atteintes cutanées parfois sévères devant être détectées rapidement, pouvant nécessiter une hospitalisation d'urgence et l'arrêt du traitement. Avec le bocéprévir le risque d'anémie est nettement majoré. Des manifestations digestives, une dysgueusie ou une agueusie ainsi que des céphalées sont également observées.

A qui s'adressent ces nouveaux traitements ?

Les risques d'effets secondaires parfois sévères, le surcoût de la trithérapie doivent amener à bien peser les indications de ces traitements et à sélectionner au mieux les patients ayant des facteurs prédictifs de bonne réponse à la bithérapie standard. A savoir : le jeune âge, l'âge de la rencontre avec le virus, une charge virale faible, l'absence de fibrose sévère et d'insulino-résistance ainsi que le génotype CC de l'IL28B qui doit être réalisé chaque fois que cela est possible, tout en sachant que dans ces cas la durée du traitement par trithérapie pourrait n'être que de 24 semaines au lieu des 48 habituellement recommandées pour le VHC de génotype 1 avec la bithérapie standard.    
 
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